🧠❤️🔥 Tête, Cœur, Tripes : pourquoi le changement durable ne se décide plus avec la tête seule
En coaching, nous accompagnons des personnes en quête de clarté, de mieux-être et de décisions justes. Les prises de conscience sont souvent rapides : un insight, une compréhension nouvelle, un « oui, je vois ». Et pourtant, combien de changements restent fragiles, temporaires, ou s’effritent dès que la pression revient ? Vers un changement durable !
Ce décalage entre compréhension et transformation n’est pas un manque de volonté. Il est profondément lié au fonctionnement du cerveau humain.
Le mythe du changement cognitif
Pendant longtemps, nos pratiques se sont appuyées sur une hypothèse implicite : comprendre, c’est changer. Or, les neurosciences contemporaines montrent clairement que la prise de décision et le changement comportemental ne sont pas pilotés par la cognition seule.
Le cerveau humain fonctionne comme un système distribué. Les choix, les réactions et les comportements émergent de l’interaction constante entre :
- les processus cognitifs (raison, analyse, planification),
- les états émotionnels (sécurité, motivation, attachement),
- les réponses corporelles profondes liées à la survie, à l’instinct et à l’intuition.
Autrement dit, nous ne décidons pas seulement avec la tête.
Trois intelligences en interaction
Les recherches sur la cognition incarnée (embodied cognition) confirment aujourd’hui que :
- le cœur possède son propre réseau neuronal, impliqué dans la régulation émotionnelle et relationnelle ;
- le système entérique (intestin) joue un rôle clé dans le stress, la peur et les comportements de protection ;
- le système nerveux autonome arbitre en permanence entre sécurité et survie.
Ainsi, un client peut vouloir changer avec sa tête, tout en résistant avec son corps, et hésiter avec son cœur. Ce que nous appelons parfois « résistance » ou « auto-sabotage » est bien souvent un système nerveux qui cherche avant tout à se protéger.
Ce que cela change pour la posture du coach
Dans un contexte marqué par l’incertitude, la surcharge cognitive et la fatigue émotionnelle, le coaching exclusivement conversationnel atteint ses limites. Nos clients n’ont pas seulement besoin de clarté mentale, mais aussi de sécurité intérieure, de régulation émotionnelle et de cohérence corporelle.
Pour le coach, cela implique de :
- repérer d’où parle le client (tête, cœur ou tripes),
- écouter ce qui se joue au-delà des mots,
- accompagner les émotions sans les sur-interpréter,
- intégrer le corps sans basculer dans le thérapeutique,
- soutenir le passage de l’insight à l’intégration durable.
De l’apprentissage à la transformation
Les neurosciences distinguent clairement l’apprentissage — qui ajoute de l’information — de la transformation, qui modifie des réseaux neuronaux déjà existants. Cette transformation nécessite des expériences émotionnellement signifiantes, un sentiment de sécurité et un engagement incarné. Sans cela, les anciens schémas reprennent naturellement le dessus.
L’approche des 3 cerveaux (Head, Heart, Gut), formalisée notamment par Christoffel Sneijders dans ses travaux (Relationships? Which Brain Is Talking, How Men and Women Fit), offre un cadre particulièrement opérant pour lire ces dynamiques et accompagner des changements réellement durables.
Pour aller plus loin
Pour les coachs souhaitant intégrer concrètement cette lecture neuro-émotionnelle et incarnée du changement, la certification 3 Brains Coach – Head, Heart & Gut© propose un parcours structuré et expérientiel (40 ICF CCEUs), centré sur l’alignement de la tête, du cœur et des tripes.
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